Éducation en santé cardiaque

Les causes de la maladie cardiovasculaire

Les maladies cardiovasculaires sont causées par une combinaison de facteurs génétiques et de facteurs liés au mode de vie. Certaines caractéristiques héréditaires de même qu’une série de facteurs relatifs au style de vie – nommés « comportements liés au mode de vie » et « facteurs de santé » – ont une grande influence sur le risque de maladie cardiovasculaire.

La santé cardiovasculaire met en cause 7 comportements maîtrisables liés au mode de vie (maintenir un poids santé, ne pas fumer, faire de l’activité physique et manger sainement) ou aux facteurs de santé (cholestérol, tension artérielle et glycémie). Renseignez-vous pour en apprendre plus sur les maladies cardiovasculaires, leurs causes, la façon de les prévenir et les méthodes pour y faire face au quotidien.

 

1.0 QUE SONT LES MALADIES CARDIOVASCULAIRES?

Les maladies du cœur, ou maladies cardiovasculaires, désignent diverses affections qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins. Ce sont des maladies chroniques qui peuvent être à l’origine de crises cardiaques et même de décès. En fait, les maladies du cœur constituent la deuxième cause de décès au Canada et la première dans le monde. La maladie coronarienne est la forme de maladie du cœur la plus courante, causée par le durcissement (et le rétrécissement) des artères, ce qu’on appelle l’« athérosclérose ».

La maladie coronarienne est le résultat d’une combinaison de facteurs génétiques et de facteurs liés au mode de vie. C’est ce qu’on appelle les « facteurs de risque ».

Même si on ignore encore le processus exact qui mène à l’athérosclérose, avec le temps, les comportements malsains finissent par endommager la paroi interne des artères, favorisant l’accumulation de plaque. La plaque se compose de plusieurs substances, incluant le cholestérol. C’est cette accumulation de plaque qui cause le rétrécissement des artères et mène à l’athérosclérose, et ce processus peut commencer à un âge précoce.

L’athérosclérose peut provoquer un rétrécissement des artères (voir les illustrations) dans l’ensemble du système cardiovasculaire, ce qui peut ralentir ou bloquer l’apport sanguin. Selon l’artère atteinte, l’apport sanguin réduit peut entraîner un accident vasculaire cérébral (artère du cerveau), une maladie artérielle périphérique (artère des bras ou jambes) ou encore une angine ou une crise cardiaque (artère du cœur).

 

Il est important de dépister les maladies cardiovasculaires le plus tôt possible afin de prévenir et de limiter les dommages. Il est également fondamental de comprendre comment les facteurs de risque affectent le développement des maladies cardiovasculaires au départ :

  • Des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire sont présents dès l’âge de 20 ans.
  • La plupart des Canadiens présentent au moins 1 facteur de risque de maladie cardiovasculaire.
  • Réduire les facteurs de risque avant la première crise cardiaque ou le premier accident vasculaire cérébral peut prévenir ou retarder 33 % de tous les décès1.
  • Réduire les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire diminue aussi le risque de décès associé à d’autres maladies chroniques1.
  • Les facteurs de risque sont, pour la plupart, partagés par les hommes et les femmes, mais leur importance est différente :
    • L’usage du tabac est particulièrement nocif pour les jeunes femmes.
    • L’hypertension, le diabète et l’hypercholestérolémie ont plus de répercussions chez les femmes que chez les hommes, et sont plus susceptibles d’être la cause de complications.
    • Le stress, la dépression et l’anxiété exposent davantage les femmes que les hommes.

2.0 PRÉVALENCE DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Les maladies cardiovasculaires ont une influence considérable sur la santé des Canadiens. Elles tuent environ 70 000 Canadiens chaque année, et 1,6 million de personnes au Canada vivent avec une maladie du cœur ou avec les conséquences d’un accident vasculaire cérébral. Même si les stratégies de gestion des facteurs de risque ont permis de réduire les maladies cardiovasculaires au cours des dernières décennies (réduction de 25 % depuis 10 ans et de 50 % depuis 20 ans), elles demeureront tout de même au 2e rang des causes de décès pour les années à venir.

Un grand pourcentage de la population présente un risque de développer une maladie cardiovasculaire ou d’avoir une deuxième crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou d’autres malaises associés à une maladie cardiovasculaire. Si on ne se préoccupe pas de prévention, le processus de vieillissement et la hausse de la prévalence du diabète et de l’obésité entraîneront une augmentation des taux de maladie cardiovasculaire.

  • 9 Canadiens sur 10 âgés de plus de 20 ans présentent au moins 1 facteur de risque de maladie cardiovasculaire.
  • 4 Canadiens sur 10 présentent 3 facteurs de risque ou plus de maladie cardiovasculaire2.
  • Chaque année, 34,6 millions de visites chez le médecin sont attribuables à la prise en charge des maladies cardiovasculaires.
  • Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès, d’invalidité et d’hospitalisation en Ontario et dans la région de Champlain.
  • 80 000 résidants de la région de Champlain vivent avec une maladie cardiovasculaire3.

3.0 COÛT DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Malgré le fait que les maladies cardiovasculaires soient la deuxième cause de décès derrière le cancer au Canada, la plupart des gens ne sont pas conscients de la menace. Les maladies cardiovasculaires imposent une charge financière particulièrement lourde à la société et ont des répercussions majeures sur la qualité de vie. Ce sont les maladies chroniques les plus coûteuses pour le système de santé canadien, comme le montrent les chiffres suivants :

  • Les coûts des soins de santé associés aux maladies cardiovasculaires atteignent 22,2 milliards de dollars chaque anneé2.
  • À l’heure actuelle, 5,5 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour soigner les maladies cardiovasculaires en Ontario4.
  • Les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux sont les principales causes d’hospitalisation au Canada (16,9 %)5.

4.0 IMPORTANCE DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 24 % de la population mondiale actuelle est composée de personnes de plus de 55 ans. On prévoit que d’ici 25 ans environ, ce pourcentage aura doublé. Le fardeau pour le système de santé pourrait être écrasant.

Votre risque de maladie cardiovasculaire augmente avec votre âge. C’est le résultat des changements physiologiques et des facteurs de risque non maîtrisés, comme le diabète et l’obésité. Même si le risque de maladie cardiovasculaire apparaît au cours de la deuxième décennie de vie et que ces maladies ne touchent pas exclusivement les personnes âgées, le processus de vieillissement a des répercussions évidentes sur la santé cardiovasculaire.

Au fardeau d’une population mondiale vieillissante sur les coûts de santé s’ajoute la prévalence de l’obésité et de l’inactivité physique chez les enfants, ce qui semble annoncer pour l’avenir une augmentation encore plus grande des taux de maladie cardiovasculaire et une diminution de l’espérance de vie. Si les projections actuelles sont exactes, les enfants d’aujourd’hui pourraient vivre de 2 à 5 ans de moins que leurs parents. On croit cependant que les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire associés à cette génération particulièrement sédentaire pourraient s’inverser si de bonnes habitudes de vie étaient prises au début de la vie adulte.

Nous en connaissons beaucoup sur les risques de maladie cardiovasculaire et sur la façon de traiter ces affections. Pourtant, nous sommes encore nombreux à faire des choix de vie néfastes pour notre santé.

Les nombreux facteurs de risque de maladie cardiovasculaire sont divisés en 2 catégories : les facteurs modifiables et les facteurs non modifiables. Le fait de diagnostiquer et de traiter de manière précoce les facteurs de risque modifiables peut réduire considérablement vos risques de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou d’une autre atteinte cardiovasculaire.

Les choix risqués que font les Canadiens quant à leur mode de vie sont bien illustrés par ces statistiques :

  • Environ 49,5 % de la population canadienne n’arrive pas à atteindre le niveau d’activité physique recommandé.
  • 42 % des résidants de la région de Champlain ne font pas d’exercice régulièrement.
  • 56,2 % de la population canadienne consomme moins de 5 portions de fruits et légumes par jour.
  • 51 % des Canadiens de 18 ans ou plus – et 62,2 % des Canadiens de 55 à 64 ans – sont en surpoids ou obèse, ce qui augmente leur risque de diabète, d’hypercholestérolémie et d’hypertension.
  • 48 % des résidants de la région de Champlain sont en surpoids ou obèse.
  • Les Canadiens de 75 à 84 ans affichent la plus forte incidence de diabète au Canada.
  • 5,2 % des résidants de la région de Champlain sont diabétiques.
  • 18,8 % des femmes et 17,3 % des hommes au Canada ont une hypertension2
  • 14,3 % des résidants de la région de Champlain ont une hypertension.
  • 16,7 % de la population canadienne est constituée de fumeurs quotidiens; l’usage du tabac augmente le risque d’hypertension et de rétrécissement des artères.
  • 15,9 % des résidants de la région de Champlain sont des fumeurs quotidiens2, 3.

Jusqu’à 80 % des maladies cardiovasculaires pourraient être évitées si plus de gens, y compris les professionnels de la santé, prenaient au sérieux les dangers très réels des maladies du cœur. Même les gens qui connaissent les risques ou qui vivent avec une maladie du cœur ont de la difficulté à reconnaître que les maladies cardiovasculaires sont une réelle menace pour la santé. Cela explique l’écart entre les risques perçus et les risques réels d’une personne.

Une maladie cardiovasculaire est souvent perçue comme un incident isolé, plutôt que comme une maladie chronique, en particulier en cas de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral. Le traitement de ces phases aiguës de la maladie est vu comme une guérison. Il est donc essentiel de se tourner vers l’éducation des patients pour changer cette perception et favoriser l’adoption d’un mode de vie sain pour le cœur qui permettra de diminuer le risque à vie.

En poursuivant les efforts d’éducation et de sensibilisation, on ne peut qu’améliorer les perceptions, la compréhension, les soins et l’issue en lien avec les maladies cardiovasculaires.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. Kottke, T., Faith, D., Jordan, C., Pronk, N., Thomas, R., et Capewell, S. « The comparative effectiveness of heart disease prevention and treatment strategies », American Journal of Preventive Medicine, vol. 36, no 1 (2009), p. 82-88.

2. Dai, S., Bancej, C., Bienek, A., et coll. « Sommaire de rapport : Suivi des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux au Canada, 2009 », Maladies chroniques au Canada, vol. 29, no 4 (2009), p. 192-195.

3. Agence de la santé publique du Canada. « 2009 Suivi des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux au Canada » [www.phac-aspc.gc.ca/publicat/2009/cvd-avc/report-rapport-fra.php]

4. Réseau de prévention des maladies cardiovasculaires de la région de Champlain. « Atlas of Cardiovascular Health in the Champlain District 2008 »

5. Santé Canada